Répartition des spécialités-Bac 2021:les déséquilibres entre lycées persistent

Avec la nouvelle réforme du bac 2021 et la fin des séries L, ES et S, les élèves actuellement en classe de seconde qui souhaitent continuer dans la voie générale, auront à choisir 3 enseignements de spécialités pour leur entrée en 1ère.

L’objectif est que l’élève se crée un parcours « à la carte » parmi 12 spécialités, ce qui laisse supposer plus de liberté et plus de choix. Cependant, on sait déjà que tous les lycées ne seront pas en capacité d’offrir les 12 spécialités proposées. Une chose est sûre, les établissements proposeront 7 spécialités « de base » représentées partout : mathématiques, physique chimie, SVT, langue vivante, français-philosophie, histoire-géographie, sciences économiques & sociales. Pour ce qui est des 4 autres spécialités (Sciences de l’ingénieur, numérique et sciences informatiques, arts, langues et culture de l’Antiquité), elles seront dispatchées par bassin géographique. Il y aura donc en moyenne 8 ou 9 spécialités par établissements. La spécialité « Agronomie » sera réservée aux lycées agricoles.


Conséquences : une carte de l’offre scolaire plus limitée en zone rurale qu’en zone urbaine et moins favorable pour les petits lycées


L’annonce faite par le ministère de l’éducation nationale de pouvoir combiner les matières comme on le souhaite est prometteuse, à condition que les établissements puissent être en capacité d’organiser les emplois du temps de chaque élève en proposant toutes les combinaisons.

D’autre part, à cette complexité logistique interne à chaque établissement, la promesse d’une liberté de choix ne sera pas forcément évidente pour les lycéens intéressés par des spécialités qui ne sont pas offertes dans leur lycée de secteur. Pour les élèves des zones urbaines où chaque établissement est complémentaire et géographiquement proche du voisin, il sera possible de changer de lycée pour suivre la spécialité qui leur plaît ou se rendre pour 4 heures par semaine dans un établissement du même bassin. Par contre, la logistique se complique sacrément pour les élèves des zones rurales où les lycées sont souvent très éloignés les uns des autres. Par exemple, dans le département de la Creuse, les élèves qui voudront faire une spécialité arts plastiques, devront aller à Limoges ou à Brive. Aussi, seuls les lycéens que les parents pourront véhiculer pourront le faire.

En outre, la réforme du lycée se base en réalité sur ce qui existe déjà. Autrement dit, les établissements ont sollicité auprès de leurs rectorats des spécialités qui répondent à leurs ressources humaines, leurs locaux et leurs « profils d’établissements ». Dès lors, les « gros » lycées des centres villes qui disposaient déjà d’une offre diversifiée, auront une gamme de spécialités plus importante que les « petits » lycées aux moyens plus restreints. Paradoxalement, du fait de l’abondance de l’offre scolaire, les « grands » lycées parisiens ne profiteront pas particulièrement de cette réforme puisque Henri IV et Louis-Le-Grand proposeraient huit spécialités et Fenelon en aurait sept.

Quoi qu’il en soit, il est clair selon Delphine Poingt, enseignante et secrétaire générale adjointe du SGEN Limousin, que la réforme du lycée favorise surtout les élèves de centre-ville. Le lycée à la carte n’a par conséquent en rien rééquilibré les inégalités territoriales.



Source Le Monde 20 décembre 2018

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